mercredi 18 novembre 2009

Il était une histoire...

Avignon. Le Palais des Papes. La région vend son terroir : l'ancien haut lieu du fondamentalisme s'est reconverti en arrière salle de caviste, avec ses ventes et dégustations de (bons !) vins du pays. M'enfin, moi j'aime bien le vin, alors cela vaut bien quelques volées de marches (mais quelle idée de choisir une des plus hautes salles de la bâtisse ?).





Cette séance en l'honneur des valeurs de la France est suivie par une courte promenade dans le dédale de chambres et de chapelles qui forme le palais papal, le tout agrémenté de commentaires nous contant l'histoire des lieux.

Enfin, l'histoire... c'est vite dit. Je dirais plutôt une histoire : le tableau que l'on nous dépeint me parait très sélectif. Pas grand chose sur ce qui s'est passé avant l'arrivée des enrobés (si ce n'est la présence de ruines dans la cour d'honneur), et un dénigrement de ce qui s'est passé après. En effet, après la révolution française et la nationalisation des biens de l'église, le palais fut
utilisé comme garnison. Les transformations découlant de cette utilisation nous furent présentées comme des dégradations plutôt que des aménagement. D'autant que les réaménagements récents semblent même chercher à effacer autant que possible les traces de ce passage. Dans quelques siècles, cherchera-t-on à faire oublier le passage de la BNP au vieux moulins de Pantin, ou celui du Sénat au Palais Bourbon ? Qui sait ?

De même, de la vie des papes, on retiens surtout le côté bon vivant, tel l'immense, le titanesque, le gigantissime banquet organisé pour l'élection de Clément VI, avec ces quelques milliers de poulets (une moyenne de trois par convive, selon les dernières estimations...). Mais quand quelqu'un demande si des salles de torture composaient le bâtiment, la réponse est condescendante et parle de légende, oubliant de mentionner que tout ça se passait quand même à une période où l'on brûlait joyeusement des gens (non en fait on se contentait souvent d'étrangler, technique bien plus économique et tout aussi efficace, enfin bref...). Par exemple, Jean le 22ème, le premier pape à s'installer véritablement à Avignon, dans sa grande bonté, n'a pas hésité à envoyer des franciscains au bûcher, ou à expulser des juifs et raser des synagogues...

Enfin bref, tout ça pour dire, m'est avis que le tourisme fait une utilisation bien sélective de la recherche historique.

Vous n'auriez pas une petite bouteille de Chateauneuf du Pape pour me consoler ?

1 commentaire:

P@sc@l a dit…

Voilà un article tout comme j'aime...
Critique et argumenté avec une illustration "au poil" !

Bravo

Amicalement

PS : souvenir de l'ENA... ;-D=)